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Notre sélection d' oeuvres de Tsugouharu Foujita / Léonard Foujita

Notre sélection de dessins originaux et d'estampes originaux expertisés de Tsugouharu Foujita ou Tsuguharu Fujita (1886-1968), aussi connu après son baptême en 1959 sous le nom de Léonard Foujita, est un artiste complet (peintre, dessinateur, graveur, illustrateur, céramiste, photographe, cinéaste, créateur de mode, etc.) français d’origine japonaise.
Inscrit aux cours de français dès l'école primaire, Tsuguharu étudie la peinture de style occidental aux Beaux-Arts de Tokyo, obtient son diplôme en 1910 et n'a qu'une idée en tête : aller à Paris. En 1913, il s'embarque finalement pour Marseille et débarque à Montparnasse le 6 août au matin. Il s'est engagé auprès de sa famille à revenir au bout de trois ans, notamment pour épouser sa fiancée Tomiko.
Le lendemain, Ortiz de Zarate, qui l'aborde à la terrasse d'un café, l'entraîne chez Picasso qui provoque le premier grand choc de sa vie d'artiste. Les compositions cubistes et les peintures du Douanier Rousseau de l'atelier de Picasso le poussent à oublier ce qu'il sait et à se jeter à fond dans la bataille des avant-gardes de l'Art Moderne que livre une centaine d'artistes de son âge décidés comme lui à imposer leur idées nouvelles à Paris. Déjà bien avant la première guerre, l'École de Paris existe pour éclore tout à fait après 1918. Foujita en devient l'une des stars. Amedeo Modigliani, Pascin, Moïse Kisling, Chana Orloff, Chaïm Soutine, André Derain, Maurice de Vlaminck, Fernand Léger, Juan Gris, Henri Matisse et, en général, tous ses voisins de Montparnasse, deviennent ses amis.
Après un séjour à Londres en 1914, il réside Cité Falguière près de Haim Soutine et d'Amadeo Modigliani jusqu'à ce qu'il rencontre sa première femme. Sa première exposition personnelle chez Chéron en juin 1917 est un triomphe ; il expose 110 aquarelles dans un genre mi japonais, mi-gothique que Picasso admire. Avec ses gains il offre un oiseau à Fernande qui est à l'origine de cette exposition et installe chez eux une baignoire avec l'eau chaude courante, ce qui fait aussi le bonheur des modèles, dont Kiki de Montparnasse, modèle favori, dont on admire la beauté dans le fameux Nu couché à la toile de Jouy (conservé au Musée d'art moderne de la ville de Paris). Odalisque alanguie, le nu de Kiki fait sensation au Salon d'automne de 1921 et se vend l'énorme somme de 8 000 francs. En 1918, le poète et marchand polonais Léopold Zborowski entraîne Soutine, Modigliani et sa femme Jeanne Hébuterne avec Foujita et Fernande à Cagnes pour s'abriter des bombes et vendre leurs peintures dans les palaces de la Côte d'Azur. C'est un moment fort pour Foujita qui peint avec ses deux amis pendant tout un été et rencontre Renoir juste avant sa mort. Très rapidement, en particulier après ses trois premières expositions personnelles, Foujita connaît la gloire. Il est de tous les salons de peinture non seulement à Paris mais à Bruxelles, en Allemagne, aux États-Unis et au Japon ; son nom et les photos de ses exploits illustrent de nombreux articles de la presse nationale et internationale.
Le triomphe des Années Folles à Montparnasse. Ses tableaux de femmes, d'enfants et de chats entrent rapidement dans les plus grandes collections. C'est sans doute l'un des artistes qui gagne le plus d'argent. Il est envié et inconscient de l'ampleur de sa réussite. Foujita s'envole pour New-York en 1949. Les peintures qu'il expose à la Galerie Komor à New-York demeurent parmi ses chefs d'œuvre, dont "Au Café" (coll. Centre Pompidou, Paris). Le 14 février 1950, Il retrouve Paris et s'installe avec Kimiyo de nouveau à Montparnasse, renouant avec ses anciens marchands et le succès. Pétridès, Romanet et Jeanne Jarrige-Bernard sont ses principaux marchands. Ils lui organisent des expositions en Algérie, au Maroc et en Espagne. En 1955, il obtient la nationalité française. Il se convertit au catholicisme le 14 octobre 1959 après avoir connu, en compagnie de son ami Georges Prade, une illumination mystique en visitant la basilique Saint-Remi à Reims. Sa marraine est Béatrice Taittinger, son parrain René Lalou ; il prit le prénom baptismal de Léonard, en l'honneur du Bienheureux Léonard Kimura, l'un des martyrs du Japon. Le prénom évoque aussi l'amour qu'il voue à l'art de Léonard de Vinci. En 1964, il décide avec René Lalou (son parrain, qui dirigeait la maison de champagne Mumm) de bâtir et décorer une chapelle à Reims : la chapelle Notre-Dame-de-la-Paix ou chapelle Foujita (commencée en 1965, terminée en 1966). Son dernier grand chantier sera les fresques de cette chapelle. Léonard Foujita meurt d'un cancer le 29 janvier 1968 à Zurich, en Suisse.